Au creux du mont, oh ! il y a une belle
Ceinte de l'herbe, oh ! et vêtue de lierre.
L'amour sourit, oh ! dans ses prunelles ;
Elle est svelte, oh ! comme une rivière.
Léopard et renard, oh ! traînent son char
Orné de laurier, oh ! et d'herbe autour.
Habillée d'orchidée, oh ! elle part
Cueillir des parfums, oh ! pour son amour.
"D'un noir bosquet, oh ! j'habite au fond ;
J'arrive en retard, oh ! sur l'ardu passage.
Je me dresse, oh ! au sommet du mont ;
Je vois flotter, oh ! sous moi les nuages.
Il fait nuit noire, oh ! en plein jour ;
Car au vent d'est, oh ! la pluie est tombée.
J'attends mon ami, oh ! sans songer au retour.
Qui me fleurira, oh ! à la fin de l'année ?
Je cueille l'herbe, oh ! dans la montagne
Parsemée de rocs, oh ! et lierres ça et là.
Je lui en veux, oh ! à la campagne,
Trop occupée, oh ! pour songer à moi.
Douce au fond du mont, oh ! comme une fleur,
Je bois à la source, oh ! sous pins et cyprés.
Songe-t-il à moi, oh ! au fond du c½ur ?
J'en doute bien, oh ! car il n'est pas près.
Le tonnerre gronde, oh ! la pluie est sombre ;
Les singes gémissent, oh ! à la nuit.
Le vent siffle, oh ! les feuilles font l'ombre ;
Ma pensée de lui, oh ! me plonge dans l'ennui."